Et les cigales chantaient

Jour d’été
Jour de guerre
Jour daté
Jour sans air

Personne ne sait
Tout le monde erre
Enfant et mère
Dans un tramway

Maisons en bois
Nénuphar en fleur
Chien qui aboie
Saules Pleureurs

Foudre du Pacifique
Beauté cynique
Mort fatale
Mal banal

Plaies radioactives
Peaux carbonisées
Amours amputés
Douleurs vives

Un jour, un petit enfant tua des milliers d’autres petits enfants.
Et les cigales continuèrent à chanter.

 

*Photo d’un petit garçon et son chien à Hiroshima : https://www.dissident-media.org/infonucleaire/temoig_dr_hachiya.htm

Little man

You went home tonight
But nothing felt right
Vessel with no flower
Double bed with no partner
Poor your heart out, little man
Then, cry cry cry
You’d been burn by the sun
Blown by the wind
Wet by the rain
Carried of by the flood
But nothing feels like
Your inner earthquake
Poor your heart out, little man
Then, cry cry cry
See this little bird
Spreading its wings
Despite the lightening
Despite the blizzard
May this little bird inspires you, little man
Make you fly and cry, like a grown man
So fly fly fly
And when you’ll look down
Poor your heart out, little man
Then, cry cry cry

Déserteur

J’ai le blues
J’ai le blues de lui
Du bleu de ses yeux
Qui nargue le bleu des cieux
Et mon cœur sans blouse
À nu sous la pluie
 
J’ai le mâle
J’ai le mâle de lui
De son étreinte fatale
Qui épouse mes lèvres
Et ma plume mièvre
Compagne de mes nuits
 
Déserteur, Y es-tu ? M’entends-tu ? Que fais-tu ?
 
Il est le rêveur
Celui qui fuit les jours
Et les toujours
L’éternel déserteur
 
Comme la marée
Il va et il vient
Enfin disparaît
Quand je le crois mien
 
Panthéon de mes amours
Cimetière de mes pudeurs
Je saigne à blanc
Au souvenir de cet amant