Dollar Baby

A quinze ans, elle fugua. Avec l’argent volé à son père, elle prit un ticket de bus pour Los Angeles. A quinze ans et trois mois, elle se retrouva à la rue, seule. Elle s’installait le soir sur la plage pour écouter le bruit des vagues qui se cassaient sur le rivage. Jamais elle ne regrettait les terres arides du Texas. A quinze ans et cinq mois, alors qu’elle servait un Cola, il la regarda. C’était la première fois qu’un homme, autre que son daddy, la dévisageait de la sorte. A quinze ans et six mois, elle faisait les courses, la lessive et la cuisine en attendant le retour de son bel et tendre. A quinze ans et huit mois, elle le quitta. A seize ans, sa bouche pulpeuse et son brushing extravaguant lui rapportèrent le jackpot. Elle faisait la une de Playboy. On l’appelait Dollar Baby.

Capitaine, ô capitaine

À l’aube d’un matin d’hiver,

Amarrés dans la chaleur de nos corps

Somnolents et endoloris par l’enfer

D’une nuit où nous vaguions loin du port,

Je murmure ton nom cent fois crié hier

Pendant que tu flattes ma peau, fier

De ressusciter la houle sommeillant en moi

Et de subir de doux assauts, preuves de mon émoi.

Alice, je le jure, ne se réveillera pas, pas encore

Pas avant de partager un dernier corps à corps.

Quand les volets ouverts et les cartes rabattues,

Nous sommes fin prêts pour un pain perdu.

Midi arrive, tes baisers comme tes roses,

Promettent monts et merveilles.

La porte claque, tu t’en vas et alors j’ose

Croire en un éternel sommeil.

Réalité ou fiction ?

La destination rimerait-elle avec mirage ?

Capitaine, ô capitaine, où nous emmènes-tu avec cet attelage ?

Au pays de la passion.