Charlie est tombé et tout est remonté.

Je suis passée par l’Arabie Saoudite pour aller en Inde et j’ai vu des femmes dans le pire de leur état. Ce n’est pas de la ségrégation ou de la discrimination, c’était quelque chose d’autre, quelque chose qui me donnait la nausée. J’ai fini par vomir.

Je ne suis pas noire, je ne suis pas une esclave noire, mais j’ai eu cette sensation d’être un homme noir libre regardant des esclaves travailler dans le champs de leur maître, privés de leur humanité. Cela finit par vous prendre au cœur et vous avez le choix entre crier fort ou vite fuir loin et oublier.

Il faut savoir dire oui aux Lumières et non à l’obscurantisme.

Je suis loin de ma douce France et je pleure.

Nous nous en sortirons plus forts, parce que les artistes, les écrivains, les scientifiques, les penseurs ont leur conscience, les autres n’ont pour eux que Dieu et/ou l’argent.

#JeSuisCharlie

Article publié sur Facebook le 08/01/2015.

Pardon Wolinski, pardon de n’être pas plus courageuse

wolinski

“Les femmes sont injustement traitées sur notre planète. Elles sont mutilées, asservies, considérées comme des pondeuses et des bêtes de somme.” Wolinski.

Voilà qui est assassiné, des hommes qui voulaient la libération des femmes. Je vous le dis, ceci une guerre pour libérer les femmes.

Malala qui voulait aller à l’école au Pakistan a reçu une balle dans la tête avant de devenir prix Nobel de la paix, des kalashnikov ont retiré la vie à 17 personnes dont 4 défenseurs de nos libertés, une petite fille de 10 ans au Nigeria a été envoyée à la mort dans un marché hier une ceinture d’explosive autour de la taille.

L’islam politique est un danger, il est aussi dangereux que le fachisme. Regardez l’Arabie Saoudite, l’Iran, les Emirats, le Pakistan, l’Afghanistan. La situation de leur femme ne vous fait donc rien. Qu’une femme ait un grillage de tissu devant le visage vous semble-t-il légitime ? Qu’une femme soit interdite de conduire et soit fouettée pour avoir désobéi en Arabie Saoudite, cela vous parait-il juste? Qu’une femme soit interdite d’un match de volleyball et qu’elle écope d’un an de prison en Iran pour l’avoir réclamé, vous trouvez cela justifié?

Regardez les marocains apeurés lors de la prise du pouvoir par Benkirane, combien de femmes ministres y avait-il à l’investiture. Une. Quel ministère ? Celui de la condition de la femme. Quelle était sa position sur la loi permettant le mariage d’une fille violée avec son agresseur ? Elle trouvait que c’était la moins pire des solutions avant de céder à la pression de l’opinion publique.

Regardez les prises de position d’Erdogan en Turquie, petit à petit il rappelle aux femmes leur rôle : tenir leur foyer. Il rappelle que la femme doit savoir se tenir et éviter les éclats de rire en public. Ma professeur d’arabe en 4ème défendait la même idée pendant les cours d’éducation islamique. Cela me rappelle que l’islam enseigné à l’école marocaine mérite une réforme urgente. Le rire, cette liberté fondamentale et profondément humaine qui nous est retirée partout où l’islam politique est.

Femmes arabes qui vous dites musulmanes et libres, levez vous pour celles que vous pouvez appeler vos soeurs, prenez vos claviers et vos stylos, écrivez, dessinez, soyez courageuses. Un peuple sans courage, un peuple soumis ne peut être sauvé de son tyran. Il en est de même pour les femmes arabes et musulmanes. Du courage !

http://www.deslettres.fr/lettre-de-wolinski-sa-femme-je-crois-que-tout-ce-que-les-hommes-font-de-bien-ils-le-font-pour-essayer-depater-leurs-femmes-heureusement-quelles-existent/

Article publié sur Facebook le 12/01/2015.

Sauver une femme ou condamner un enfant?

Le professeur Chraïbi est, était chef de service à la maternité des Orangers à Rabat et militant contre l’avortement clandestin.

Il a été démis de ses fonctions par le ministère marocain de la santé pour avoir participé à la réalisation de ce reportage de la chaîne publique française sur l’avortement puni par la loi au Maroc.

J’ai bien regardé le reportage. 31 minutes pour peindre des portraits de femmes détruites et d’ailleurs jamais construites. 31 minutes insuffisantes à expliquer les vices de notre société totalement schizophrène et qui se veut moraliste.

Après ce reportage, je suis d’accord, il faut des démissions et des poursuites en justice des :
– ministre de la santé pour non assistance à personne en danger
– ministre de l’éducation pour mise en danger de la vie d’autrui
– ministre de la justice pour complicité de meurtres
– directeurs des chaînes marocaines publiques pour vol de l’argent public

Je n’aime pas la morale. Je suis une personne amorale. J’y préfère l’éthique qui voudrait que l’argent des marocains construise des hôpitaux au lieu de reposer en Suisse. Sinon, pour ce qui est des vagins et des pénis, je préconise l’enseignement dans les écoles de la libre jouissance protégée.

Le Maroc, son soleil, sa chaleur, sa mer, son océan, ses paysages… pour le reste on verra un autre jour.

Article publié sur Facebook le 11/02/2015.

Combien de Ibrahim faut-il?

Après un journal et un musée, une université et 147 morts… Lorsque la culture et la connaissance sont attaquées, c’est notre humanité qui est mise en sang.

Je lis qu’un ancien professeur de cette université faisait partie des assaillants et je me souviens…

Je me souviens comment mon maître d’école Ibrahim avait fait de notre classe son prêchoir. Au lieu de nous enseigner l’arabe, ils nous racontaient les 7 vierges qu’attendent les hommes là-bas au Paradis, la transformation des mères en colombes et les détails infâmes de l’enfer où brûleraient selon lui la directrice de notre école primaire, française, femme au large décolleté et fumeuse.

Nous avions aussi des tests ludiques. Si une épouse prépare mal le petit déjeuner, que faire? La réponse me glace toujours le sang : lui verser une bouilloire d’eau chaude sur le corps. Une femme est d’abord une bonne épouse, d’ailleurs comme j’étais brillante et qu’il m’aimait beaucoup, il me proposait pendant le cours comme épouse à celui qui donnerait la bonne réponse.

Enfin et dans la logique des choses, il était violent. Il battait les élèves. Tout le monde y passait sauf moi, ma mère l’en ayant défendu en début d’année. Coup de pieds aux fesses en montant les escaliers, coups de bâtons à chaque mauvaise réponse et toutes sortes de coups pour les garçons qui devaient se retenir de pleurer parce qu’ils étaient des hommes, des vrais. Son slogan en arabe : le bâton est la clé de l’esprit.

Je n’ai aucun souvenir de peur. Nous aimions aller en cours, toute cette démagogie ne me déplaisait pas, c’était folklorique. A cette violence nous avions choisi la soumission. Je revenais à la maison et je demandais à mon père de réviser son comportement, je le voulais au Paradis pardi !

En milieu d’année, il avait quitté l’école. Je me demande ce qu’il est devenu, s’il a eu d’autres élèves, ce qu’ils sont devenus…

La question que je me pose maintenant est de savoir combien de Ibrahim y-a-t-il au Maroc, combien d’élèves se sont soumis à cet enseignement, quelles en sont les conséquences aujourd’hui?

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/04/04/serie-d-arrestations-apres-le-massacre-de-garissa_4609594_3212.html

Article publié sur Facebook le 05/04/2015.