Mystique

Ordre cosmique
Et chaos universel
S’entrechoquèrent
Puis s’enlacèrent

De leur étreinte orgasmique
Naquirent des étoiles
Et des corps sphériques
En équilibre hydrostatique

Une année lumière, au hasard
D’un alignement quasi-mystique
D’acides désoxyribonucléiques
Surgit la vie, sur le tard

Mais quelques comètes sous opium
Firent fi des astres qui s’éteignent
Des trous noirs qui nous happent
Pour rêver d’Ad vitam æternam

Amen

 

Ms Miller (Would you mind loving me)

In the dark of the night
He saw the killer
Of his dying heart
Her name, Ms Miller
 
Walking on the street
Balancing her hips
On her high hills
Under the falling sleet
 
He tried to slide
But couldn’t even breath
Pretended to stalk
Just not to talk
 
What could he say?
Nice to meet you Ms Miller
Would you mind loving me?
 
What a night
For a bright
Shooting star
Daughter of a Czar
 
Her big blue eyes
Her fleshy red lips
Coming from the deeps
Of his lonely dreamy days
 
She stared at him
And finally said
My name is Kim
Kim Miller Anderwood
 
He barely heard
When he answered
Amir Alaoui from Tinder
Nice to meet you Ms Miller
 
Nice to meet you Ms Miller

Ricochets

Saisons

Il y a des hivers chauds
Des étés tristes
Des printemps qui sont des automnes 
Et des feuilles qui tombent sur le chemin des amoureux

 

Mâle

Ta barbe qui pique mes lèvres
Ton étreinte qui brise mes os
Ton amour qui serre mon cœur
Et j’ai le mâle de toi

 

Bleu

J’ai le blues
J’ai le blues de lui
Du bleu de ses yeux
Qui nargue le bleu des cieux
Et mon cœur sans blouse
À nu sous la pluie

Amour

Tu m’entends, écoute-moi
Je t’aime, je t’aime, je t’aime
Je vais te le crier, tant pis
Partout, sur les toits de Paris
Mais mon Dieu que je t’aime
Je suis fou de toi
 
 
Cruellement
Jalousement
Avidement
 
 
Shemsi, je t’aime
Mon soleil, ma lune
Pour toi, je brûlerai même
Mes cendres dans l’urne
 
 
Ma Vénus, ma Saturne
Toi et moi, c’est le feu des étoiles
Le crash des comètes sur Neptune
Les trous noirs sous les voiles
 
 
Allez viens, je t’en prie
Donne-moi ta main
Je ne la lâcherai plus, promis
Crois-moi comme un saint
 
 
Crois-moi comme je te vénère
Crois-moi, t’aimer est un enfer
 
 
Tu le vois l’océan sauvage
Tu les vois ces vagues
Elles se cassent sur la plage
À la vue de tes pieds qui dansent
Comme je me fracasse
Devant le dessin de ton visage
 
 
Aime-moi
Parce que moi, je n’aime que toi
 
 
Ensemble, nous irons à Delhi
Nous grimperons l’Himalaya
Nous visiterons le Dalai Lama
Avant de nous perdre en Mongolie
 
 
À pied sur la route
Puis dans une yourte
Où je serai ton seul amant
Pour te faire trois enfants
 
Alors si toi aussi tu m’aimes
Écris moi une lettre
Au 36 quai des Êtres
Amour, je t’aime

Madame

Madame se réveilla
Mariée, deux enfants
Un chat birman
Et un acacia

Elle se lava le visage
Se regarda dans le miroir
Vit une femme sans rage
Résignée à ne plus croire

L’amour, un mythe d’une autre ère
La liberté, une chimère

Monsieur quitta la couche
La frôla de son bras
Peu sûr de ses pas
Et rejoignit la douche

Elle suivait du regard
Ses mouvements hagards
Avant de fixer
Ses fesses momifiées

Désir, désir, où es-tu ?
M’entends-tu ?

Arsenic, strychnine, huile de ricin ?
Dans son café du matin,
À midi dans le gratin,
Ou au goûter, dans son pralin ?

Que choisir
Pour en finir

Les cris des enfants la rappelèrent
À son train-train mortifère
Aujourd’hui, ce sera école, devoirs et bain
Pour le reste, elle verra demain

 

 

 

 

Misérables vertus

Petit Gervais a perdu sa pièce
Jean Valjean a perdu son pain
Mais aucun n’a perdu sa dignité

Fantine a perdu ses dents
Cosette a perdu sa mère
Mais aucune n’a perdu son coeur

Gavroche a perdu la vie
Jean Valjean a perdu Cosette
Mais aucun n’a perdu son courage

Vertus des pauvres
Biens rares des riches

Petit cœur en exil

Trotteuse des champs
Baroudeuse des villes
Croqueuse de myrtilles
Amoureuse des gens

Tu rêves de voyages
De croisières sur le Nil,
De riads, de zelliges
Et de randonnées sur une île

Petit cœur trop plein,
Aux sifflements du train,
Ferme les yeux, lance les dés
Et le monde sera à tes pieds

Petit poème inspiré par ma grande amie Salma

L’Eden perdu

Il était une fois un homme qui aima Dieu si fort
Qu’il en oublia d’aimer les hommes.

Il chérit l’au-delà avec tant d’ardeur
Qu’il en oublia de chérir la vie.

Il portait le sacré si haut et si loin
Que tout ce qu’il approchait devenait profane.

Ni le ciel orageux, ni l’azur bleu ne pouvaient
Le consoler de la quiétude de l’Eden perdu.