Hitler lisait aussi.

Hitler lisait aussi. Un livre par soir. Le livre n’est pas LE rempart contre le mal. Le croire serait une erreur. Le mal est en nous et il nous appartient de le dompter et de le canaliser pour en faire une énergie créatrice. C’est peut-être cela un artiste, un dompteur de maux quand d’autres êtres n’échappent pas au pire et deviennent malfrat, assassin ou dictateur en croyant faire destinée. Lisez vos livres mais choisissez les différents. Tantôt cruels, tantôt humanistes. De la noblesse et du peuple. D’hommes et de femmes. D’Orient et d’Occident. Lisez, lisez, lisez. Lisez que vos yeux saignent. Imaginez ces vies que vous ne vivrez pas. Voyagez sur les terres que vos pieds ne toucheront pas. Traversez les mers et côtoyez les étoiles. Tombez amoureux mille fois et ne vous relevez pas, ce n’est que fiction. Enfin, si l’envie de faire mal vous vient toujours, prenez un papier et grattez un monstre, écrivez une satire et déchirez le tout pour en faire des flocons de neige, l’été. Et si rien ne suffit à calmer le vampire en vous, jetez un pot de peinture rouge, de un, deux ou cinq litres, sur le mur blanc de votre salon et hurlez comme un loup votre souffle de vie retrouvé. Alors vous pourrez retourner au monde réel, le voir de vos yeux rougis et l’aimer parce que bien plus que les livres, il est cruel, beau et bon.
Comme pour tout, il faut lire mais il faut lire bien.

L’homme aux cheveux longs

Elle le dévisageait, surprise
Par la dureté de ses traits anguleux
Contrastant avec ses longs cheveux
Qui se mouvaient au gré de la brise
 
Il portait des lunettes de soleil
Un chapeau de cowboy en daim
Sa guitare acoustique à la main,
Et jouait une mélodie composée la veille
 
Derrière lui, elle apercevait la mer
Des voitures qui gâchaient le paysage
Des gens dispersées sur le passage
Au rebord de ce long couloir vert
 
Le spectacle de cette voix écorchée
Chantant l’étoile de soufre
Brûlant jusqu’au gouffre
La fit enfin chavirer