Capitaine, ô capitaine

À l’aube d’un matin d’hiver,

Amarrés dans la chaleur de nos corps

Somnolents et endoloris par l’enfer

D’une nuit où nous vaguions loin du port,

Je murmure ton nom cent fois crié hier

Pendant que tu flattes ma peau, fier

De ressusciter la houle sommeillant en moi

Et de subir de doux assauts, preuves de mon émoi.

Alice, je le jure, ne se réveillera pas, pas encore

Pas avant de partager un dernier corps à corps.

Quand les volets ouverts et les cartes rabattues,

Nous sommes fin prêts pour un pain perdu.

Midi arrive, tes baisers comme tes roses,

Promettent monts et merveilles.

La porte claque, tu t’en vas et alors j’ose

Croire en un éternel sommeil.

Réalité ou fiction ?

La destination rimerait-elle avec mirage ?

Capitaine, ô capitaine, où nous emmènes-tu avec cet attelage ?

Au pays de la passion.

Sur un coup de tête

Pour un ami d’un autre temps, Moaad.

J’ouvre les yeux. Je ferme les yeux. Non il faut que je les ouvre. Je me lève. Je me rallonge. Je suis trop fatiguée. Non c’est autre chose. Je sais, je m’ennuie.
Et si j’écoutais de la musique, mais il faut que je me lève. C’est bon, c’est décidé, je me mets debout, je vais tout droit, trois pas et je serai devant mon bureau, je prends mon MP3 et j’écoute de la bonne musique.
Tout d’un coup, je me retrouve devant ma fenêtre. Les volets sont fermés. Et si je les ouvrais? Je les ouvre, je les ferme et finalement je les ouvre. Une chaleur me caresse le visage, les cheveux, un doux rayon de soleil traverse ma chambre. Du moins, je ne sais si c’est un rayon de soleil ou l’orange clinquant de la façade d’en face. Ce serait alors L’Enfer. Je me sens mieux.
Et si je volais? Non plus, plutôt m’agripper au peuplier puis l’escalader jusqu’à arriver au premier toit, puis le second, et puis les autres. Je courrai alors de toits en toits.
Et enfin, j’arriverai au bâtiment tout au fond. Et là, je sauterai mais cette fois ci pour de bon. Dix sept étages jusqu’en bas. Et là je m’en irai…!